       TraitementSida58 - Vol. 7, No. 4
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       Publi par Rseau Communautaire D'info-Traitements SIDA
       -------------------------------------------------------

I IMMUNOMODULATEURS

A.  IL-2 et AZT: des rsultats prometteurs

* DTAILS DE L'TUDE-PARTIE 1

Des chercheurs aux .-U.  National Institutes of Health (NIH),
Bethesda, Maryland] ont recrut un petit groupe de sropositifs dans
le cadre d'essais visant  valuer l'immunostimulant IL-2.  (Pour
obtenir plus de renseignements sur le traitement avec les
interleukines et des substances chimiques apparentes, consulter
TraitementSida 56.) Dans la premire partie de l'tude, 23 sujets
ayant une numration CD4+ suprieure  400 cellules furent
hospitaliss pendant 3 semaines, afin de recevoir un traitement
l'IL-2 par voie intraveineuse.  Dans leur compte rendu de l'tude,
les mdecins n'ont pas dvoil l'ge des sujets, ni indiqu leur
numration CD8+ ou leur sexe.  Durant leur hospitalisation, les
sujets ont reu des doses graduellement plus leves d'IL-2, allant
de 1,8 million  24 millions d'units internationales (UI) par jour.
Dans les 6 semaines avant le dbut de leur traitement  l'IL-2, les
sujets devaient prendre de 500  1200 mg/jour d'AZT.

* DTAILS DE L'TUDE-PARTIE 2

Pour cette partie de l'tude, les chercheurs ont recrut un groupe
de 10 sujets (8 hommes, 2 femmes), dont la numration CD4+ moyenne
se chiffrait environ 400  cellules.  Les sujets ont reu par voie
intraveineuse  pendant 5 jours des doses d'IL-2, allant d'un maximum
de  18 millions UI/jour  un minimum de 6 millions UI/jour.  Aprs
cinq jours de traitement, priode que les chercheurs  ont appel
une srie de traitements, les sujets ont eu droit  un rpit de
2 mois avant de recevoir une deuxime srie de traitements sur une
autre priode de cinq jours consistant en la perfusion d'IL-2.  Une
autre priode de rpit de 2 mois a prcd la troisime srie de
traitements.  Les sujets ont tous reu un minimum de 4 sries de
traitements et certains, un maximum de 13 sries.  La plupart des
sujets dans cette partie de l'tude prenaient, en monothrapie ou en
association, soit 500 mg/jour d'AZT, soit l'un des mdicaments
apparents, ddC ou ddI, ou les deux.

- DTAILS DE L'TUDE-PARTIE 3

Pour cette partie de l'tude, on a recrut 15 autres sujets porteurs
du VIH dont la numration CD4+ se chiffrait  200 cellules ou moins.
Ils ont reu par voie intraveineuse de l'IL-2 et par voie orale des
mdicaments anti-VIH (AZT, ddC, ddI) seuls ou en association.

- RSULTATS-PARTIE 1: TOXICIT

Les sujets qui ont reu de fortes doses d'IL-2 ont prouv divers
effets secondaires tels que: douleurs musculaires/osseuses intenses,
fivre, fatigue, rtention d'eau causant de l'enflure, faibles taux
sanguins de plaquettes et d'un type de globules blancs appels
neutrophiles.  Des analyses de laboratoire ont rvl aussi des
dommages au foie et aux reins.  Cependant, on n'a constat dans ce
groupe aucun changement important en ce qui concerne la numration
CD4+ et la production de virus.

- RSULTATS-PARTIE 2: TOXICIT

Les sujets ont accus des effets secondaires semblables  ceux
dcrits ci-dessus.  Des effets secondaires plus rares ont t
observs, notamment des cas de dpression et d'altration de la
perception (les chercheurs n'ont pas formul d'explication prcise
quant  la nature de ce dernier effet secondaire).  Huit sujets sur
les 10 de ce groupe ont prouv des effets secondaires d'une telle
intensit que les mdecins ont d rduire la dose d'IL-2.

- CELLULES CD4+ ET CD8+

Chez 6 des 10 sujets, la numration CD4+ a doubl.  La numration
CD4+ moyenne est passe  plus de 900 cellules au 9e mois de
l'tude.  Par contre, la numration CD8+ est demeure stable.  On
n'a not aucune augmentation remarquable des CD4+ chez 2 sujets,
lesquels ont par la suite contract la PPC (pneumocystose), une
infection pulmonaire parfois mortelle.

- VIRUS

D'aprs les analyses des globules sanguins prlevs chez ces sujets,
il y aurait eu une lgre augmentation temporaire de la production
de VIH aprs chaque perfusion intraveineuse d'IL-2.  Chez 4 autres
sujets, il semble ne pas y avoir eu d'augmentation de la production
de virus.

- RSULTATS-PARTIE 3: TOXICIT

Bien que les chercheurs aient recrut 15 sujets dans cette partie de
l'tude, les rsultats relats ne portent que sur 12 d'entre eux.
En gnral, les effets secondaires causs par l'IL-2 chez ce groupe
taient graves.  Un de ces 15 sujets qui utilisait aussi le compos
Q est dcd 2 jours aprs avoir reu une troisime dose d'IL-2.
Les rsultats provenant de ce sujet furent exclus de l'analyse des
donnes.

- CELLULES CD4+

Les chercheurs ont rparti les sujets de ce groupe en 2
sous-groupes.  Six (6) sujets dont la numration CD4+ se chiffrait
initialement entre 100 et 200 cellules ont reu de l'IL-2 et
seulement 2 d'entre eux ont connu une augmentation CD4+ d'au moins
50 %.  Dans l'autre sous-groupe de 6 sujets qui avaient une
numration CD4+ infrieure  100 cellules, aucun n'a prsent une
augmentation CD4+.

- VIRUS

En moyenne, la production de VIH dans les globules blancs des 12
sujets semble avoir doubl suivant l'administration d'IL-2.  Deux
sujets qui avaient moins de 100 cellules CD4+ ont contract des
infections mortelles et en sont dcds (les chercheurs n'ont pas
fourni de dtails).

Sur la base des rsultats des 6 sujets qui ont connu une forte
augmentation de leur numration CD4+, il ne ressort pas clairement
si ces sujets, comparativement  d'autres sujets semblables n'ayant
pas eu une telle augmentation, ont pu bnficier:

- d'une amlioration de la qualit de vie;

- de risques moindres de contracter des infections/ cancers menaant
leur existence;

- d'une prolongation de leur survie.

Certaines considrations demeurent concernant l'usage de substances
chimiques telles que l'IL-2, et les lecteurs feraient bien d'en
tenir compte.  Nous les examinerons davantage dans la section qui
suit.

RFRENCE:

1.  Kovacs JA, Baseler M, Dewar RJ, et al.  Increases in CD4+ T
lymphocytes with intermittent courses of interleukin-2 in patients
with Human Immunodeficiency Virus infection: a preliminary study.
New England Journal of Medicine 1995;332(9):567-575.

B.  IL2: considrations

Bien que les rsultats d'une tude de petite envergure sur l'IL-2
semblent prometteurs, il reste certaines questions que les mdecins
traitants des personnes atteintes du VIH/sida (PAVIH/PAS) devraient
prendre en considration avant de prescrire cet immunostimulant
destin au traitement du cancer du rein.

- CELLULES CD4+ ET VIRUS

La plupart des lymphocytes du corps humain se trouvent dans les
ganglions et tissus lymphatiques.  Le VIH se retrouve aussi en
grande partie dans ces tissus.  Il est exact que des chercheurs
aient constat des augmentations de cellules CD4+ dans les
chantillons de sang prlevs chez certains sujets. Cependant, il se
peut que ces augmentations aient pris place dans les ganglions et
tissus lymphatiques ou hors de ceux-ci.  La rplication virale se
produisant essentiellement dans les ganglions et tissus
lymphatiques, les chercheurs tentent d'tablir si les perfusions
d'IL-2 entravent la production de VIH dans ces tissus.  Selon des
travaux raliss dans les laboratoires des NIH sous la direction du
Dr Tony Fauci, il semble que l'IL-2 augmente la rplication virale
dans les cellules infectes par le virus.

- CELLULES EXTNUES

D'autres chercheurs ont observ les effets que de fortes doses
d'IL-2 peuvent avoir sur les cellules du systme immunitaire.  Dans
l'une de ces tudes, on a pu constater que les cellules T ne
ragissent pas normalement en prsence de microbes suivant
l'administration de doses de 18 millions UI/jour.  Lors de ces
essais, l'administration excessive d'IL-2 a eu pour effet
d'extnuer les cellules T.

- QUEL TYPE D'IMMUNIT?

Sous le coup de l'attaque incessante du VIH au fil des annes, le
systme immunitaire finit par modifier sa rponse  l'infection.  n
semble qu'il survienne un affaiblissement de l'immunit requise pour
vaincre les microbes comme le CMV, le MAC ainsi que diverses
infections parasitaires et aux levures.  Ce type de rponse
immunitaire est appel immunit  mdiation cellulaire (IMC) ou
immunit cellulaire (IC).  Certains chercheurs pensent que
l'administration d'agents chimiques comme l'interfron-gamma, l'IL-2
et l'IL-12, pourrait contribuer  rtablir un certain niveau d'IC.
Mais, les chercheurs ignorent quelle est la dose ou l'association
optimale de cytokines (interfrons, interleukines)  administrer
dans pareils cas, et c'est pourquoi on mne actuellement un certain
nombre d'tudes visant  mettre  l'essai diverses doses et
associations.  Les substances chimiques qui ont pour effet de
stimuler l'IC, affaiblissent par contre l'autre composante du
systme immunitaire, appele immunit humorale, qui requiert des
substances comme l'IL-4, l'IL-6 et l'IL-10.  De mme, les substances
chimiques qui renforcent l'immunit humorale affaiblissent l'IC.
Lors d'essais mens aux .U.  chez des sujets srongatifs, l'IL-2 a
sembl stimuler l'immunit humorale.  C'est avec intrt que nous
attendons les rsultats d'essais immunologiques mens auprs de
sujets sropositifs qui ont reu de l'IL-2, afin d'tablir si les
cellules CD4+:

- peuvent rpondre efficacement aux attaques des microbes;

- produisent des cytokines qui permettent au systme immunitaire
d'endiguer les infections.

- COUTS

L'IL-2 n'est pas un produit bon march.  Chaque perfusion de S
jours revient  environ 2500 $ amricains.  A cela s'ajoutent les
frais d'hospitalisation des sujets pour la dure du traitement.  Les
chercheurs comptent poursuivre les recherches afin d'tablir si
l'administration de doses plus faibles d'IL-2 serait un moyen
efficace d'en rduire les effets toxiques.  Ils envisagent aussi
l'administration d'injections sous-cutanes d'IL-2 pour dterminer
si cette technique offre des bienfaits.

RFRENCES:

1.  Kinter AL, Poli G, Fox L, et al.  HIV replication in IL-2
stimulated peripheral blood mononuclear cells is driven in an
autocnne/paracnne manner by endogenous cytokines.  Journal of
Immunology 1995;154:2448-2459.

2.  Clementi E, Bucci E, Citterio G, et al.  Reversible anergy in
circulating lymphocytes of cancer patients during IL-2 therapy.
Cancer Immunology and Immunotherapy 1994;39:167-171.

3.  Clerici M, Shearer G.  The Th1-Th2 hypothesis of HIV infection:
new insights.  Immunology Today 1994;15(12):575-581.

4.  Cunningham-Rundles C, Kazboy K, Hassett J, et al.  Brief report:
enhanced humoral immunity in common variable Immunodeficiency after
long-term treatment with polyethyleneglycol-conjugated
interleukin-2.  New England Journal of Medicine
1994;331(14):918-921.

5.  Mocci S and Coffman RL.  Induction of the Th2 population from a
polarized Leishmania-specific Th1 population by in vitro culture
with IL4.  Journal of Immunology 1995;154:3779-3787. C.  Vitamine E
contre le VIH/sida

Pour de plus amples renseignements sur la production de cytokines
dans les cas de VIH/sida, se reporter  la section prcdente.

- SITUATION - LA VITAMINE E

La vitamine E se dissout dans les graisses.  Conjointement avec
d'autres oligo-lments tels le slnium et le cuivre, elle agit
avec les enzymes antioxydantes pour offrir  l'organisme une
protection contre les radicaux libres, des molcules trs actives.
La vitamine E joue aussi un rle de premier plan dans le maintien de
l'efficacit de la rponse immunitaire.

- SOURIS ATTEINTES DE SIDA

Les souris infectes par un certain rtrovirus (LP-BMS) deviennent
malades et prsentent des symptmes de sida murin (SIDAM).  Dans
bien des cas, les souris infectes accusent un taux sanguin lev
d'anticorps inutiles et souffrent de gonflement (tumfaction) de la
rate et d'enflure persistante des ganglions et tissus lymphatiques.
Les souris atteintes de SIDAM semblent scrter des taux suprieurs
 la normale d'IL-4 et d'IL-6, mais produisent moins d'IL-2 et
d'interfron-gamma.  Tt ou tard, le SIDAM entrane la mort des
souris qui en sont atteintes.  Dans des expriences faites aux
.-U., des chercheurs administrent  des souris de fortes doses de
vitamine E dans le but d'tablir si le traitement est bienfaisant
chez les souris atteintes de SIDAM.

- VITAMINE E MISE A L'ESSAI

La forme de vitamine E administre dans cette exprience est
l'actate d-alpha-tocophrol.  Les chercheurs ont effectu
l'exprience sur un groupe de souris infectes par le virus du SIDAM
et sur un groupe de souris non infectes.  La vitamine E a t
administre  certains animaux, alors que d'autres n'ont pas pris de
cette vitamine.  L'exprience a dur 16 semaines.

- RSULTATS

- Anticorps - les souris infectes qui avaient reu de la vitamine E
ont produit moins d'anticorps inutiles que les souris infectes qui
n'en n'avaient pas reu.  On a observ cet effet jusqu' la 12e
semaine de l'tude, aprs quoi les niveaux d'anticorps des animaux
traits ont atteint ceux des animaux infects qui n'avaient pas reu
de vitamine E.

- Gonflement de la rate-les souris infectes traites  la vitamine
E prsentaient un gonflement de la rate 2  3 fois moins volumineux
que les souris infectes qui n'avaient pas reu la vitamine.  Cette
diffrence entre les 2 groupes, qui tait significative du point de
vue statistique, a persist tout au long des 16 semaines de l'tude.

- IL-2-les cellules de systme immunitaire prleves chez les souris
infectes produisaient des taux rduits des cytokines, IL-2 et
interfron-gamma, par comparaison avec des cellules analogues
provenant de souris non infectes. Chez les souris infectes qui ont
reu de la vitamine E, on a observ une production accrue de ces 2
cytokines comparativement  celles qui n'en ont pas reu.  La
production d'IL-2 chez les souris infectes et traites  la
vitamine E a atteint son plus haut niveau 12 semaines suivant
l'infection pour chuter par la suite.

- IL-4-les souris atteintes de SIDAM auxquelles on avait administr
de la vitamine E ont produit de faibles niveaux d'IL-4, alors que
les souris infectes qui n'en n'avait pas reu prsentaient de plus
hauts taux de cette cytokine.

- IL-6-les souris atteintes de SIDAM qui ont reu de la vitamine E
n'ont pas produit autant d'IL-6 que les porteuses du SIDAM du groupe
non trait.

3 LA VITAMINE E CHEZ LES HUMAINS

Les rsultats dont on fait tat plus loin semblent prometteurs.
Bien que des rtrovirus soient responsables du syndrome
d'immunodficience acquise tant chez l'humain que chez la souris,
ces virus ne sont pas troitement apparents, et les chercheurs ne
comprennent pas encore tout  fait l'interaction qui existe  long
terme entre le VIH et le systme immunitaire humain.  Les rsultats
que l'on a pu observer chez les souris traites  la vitamine E
(comme pour tout autre traitement) peuvent ne pas se manifester
ncessairement chez des PAS.  Les donnes trs prometteuses de cette
tude pourront servir de guide quant  l'organisation d'tudes
analogues auprs de PAS/PAVIH.  En plus de son effet sur le systme
immunitaire, la vitamine E pourrait offrir une protection contre les
radicaux libres, des molcules trs actives.  Selon le chercheur
Chester Myers, la chute connue des concentrations d'antioxydants
dans l'organisme justifie trs nettement la prise supplmentaire de
certains antioxydants [tels que le bta-carotne et les vitamines C
et E].  Pour plus amples renseignements sur l'importance de la
vitamine E en matire de nutrition, se reporter  la section sur la
nutrition.  La section sur la toxicit contient des renseignements
sur la scurit d'emploi de la vitamine E.

RFRENCES:

1.  Clerici M, Shearer G.  The Th1-Th2 hypothesis of HIV infection:
new insights.  Immunology Today 1994;15(12):575-581.

2.  Sonnerborg A, Carlin G, Akerlund B, Jarstrand C.  Increased
production of malondialdehyde in patients with Human
Immunodeficiency Virus infection. Scandinavian Journal of Infectious
Diseases 1988;20:287-290.

3.  Greenspan HC, Aruoma OK.  Oxidative stress and apoptosis in HIV
infection: a role for plant-derived metabolites with synergistic
antioxidant activity. Immunology Today 1994; 15(5):209-213.

4.  Wang Y, Huang DS, Eskeison CD, Watson RR.  Long-term dietary
vitamin E retards development of retrovirus-induced disregulation in
cytokine production.  Clinical Immunology and Immunopathology
1994;72(1):70-75.

5.  Wang Y, Watson RR.  Vitamin E supplementation at various levels
alters cytokine production by thymocytes during retrovirus infection
causing murine AIDS.  Thymus 1994;22:153-165.

 6.  Wang Y, Watson RR.  Potential therapeutics of vitamin E
 (tocopherol) in AIDS and HIV.  Drugs 1994;48(3):327.

D.  AZT et MAC

- SITUATION

Les rsultats que nous vous prsentons dans ce compte rendu
proviennent de l'Ouest de l'Australie, o des mdecins font un suivi
des effets de l'AZT sur le systme immunitaire de PAS.  D'aprs
leurs rsultats, l'AZT pourrait stimuler temporairement la rponse
immunitaire (de l'immunit cellulaire) contre le MAC (complexe
Mycobacterium avium).

- DTAILS DE L'TUDE

Les bactries qui causent la tuberculose (TB) sont apparentes au
MAC.  Des chercheurs ont inject par voie sous-cutane  des sujets
une petite quantit de protines extraites de bactries provoquant
la TB (qu'on appelle tuberculine).  Certains sujets ont manifest au
point d'injection en moins de 48 heures une rougeur de la peau
accompagne d'une lgre enflure avec induration.  Normalement, une
raction de ce genre indique que le sujet est entr en contact avec
des bactries de la tuberculose.  Cependant, plus de 90% des sujets
recruts dans cette tude avaient dj reu le vaccin BCG contre la
tuberculose et aucun n'avait dj eu cette maladie, ni ne l'a
contracte durant l'tude.

- ESSAIS-IMMUNIT CELLULAIRE

Dans le cadre d'une tude de mesure globale de l'IC chez un groupe
de sujets, le personnel infirmier a administr,  intervalles
rguliers, des injections sous-cutanes de petites quantits de
protines extraites de 7 microbes (y compris de bactries causant la
TB).  Selon les chercheurs, il y avait raction positive quand le
sujet prsentait une enflure de la peau d'un diamtre d'au moins 2
mm.  Le personnel infirmier a compil ensuite les mesures d'enflures
causes par les autres injections pour en arriver  un diamtre
d'une valeur moyenne appele score.

- VRIFICATION DES SCORES

Aprs avoir pass en revue les dossiers mdicaux-hospitaliers, les
chercheurs ont recens 114 sujets dont le score tait infrieur  5
mm avant le dbut de leur traitement  l'AZT.  Des 114 sujets, 110
n'ont pas ragi (ni enflure, ni rougeur) suivant l'injection de
protines de bacilles TB.  Cette observation donne  penser que le
systme immunitaire des sujets en question n'tait plus en mesure de
dceler et de dtruire les bactries causant la TB.  Cependant,
mesure que les 110 sujets ont commenc leur traitement  l'AZT, les
chercheurs ont pu noter une amlioration suprieure  5 mm du score
moyen chez 49 sujets, ce qui dnote une amlioration de l'tat de
leur IC.

- SUJETS RPONDANTS

Lors d'une revue dtaille des scores de tests cutans, les
chercheurs ont constat que 20 des 49 sujets n'avaient pas eu de
raction  la protine de bacilles TB.  Ils ont qualifi ces 20
personnes de sujets non rpondants et les 29 autres de
rpondants.  La numration CD4+ moyenne des rpondants se
chiffrait  73 cellules, celle des non-rpondants  178 cellules.
Cette diffrence entre les 2 groupes s'est rvle significative du
point de vue statistique.

- QUI CONTRACTE LE MAC?

Les chercheurs n'ont observ aucun cas d'infection  MAC parmi les
non-rpondants durant la dure de l'tude.  Cela contraste avec les
rpondants puisque 50% d'entre eux ont souffert d'une infection 
MAC susceptible d'tre mortelle dans les 24 mois aprs le dbut de
leur traitement  l'AZT et tous avaient contract une telle
infection au bout de 40 mois.  De l'avis des chercheurs, ces
diffrences entre non-rpondants et rpondants taient
significatives du point de vue statistique, et celles-ci le sont
demeures mme aprs modification des calculs pour tenir compte des
numrations de CD4+.

Selon les chercheurs, tous [les sujets atteints d'une infection 
MAC menaant l'existence] ont accus une perte de raction de leur
peau aux microbes injects lors des piqres cutanes.  Une telle
situation dnote une perte norme d'IC .  Aprs avoir pris en
considration les sujets qui ont eu une PPC, des infections
fongiques du cerveau ou le sarcome de Kaposi, les chercheurs n'ont
not aucune diffrence statistiquement significative entre les deux
groupes.  Ils ont toutefois constat chez les rpondants, dont la
numration CD4+ avait chut  presque zro, que le risque de
prsenter un rsultat positif aux protines de bacilles TB
atteignait presque 100%.

- BIENFAITS DE L'AZT

Dans l'ensemble, le traitement  l'AZT a sembl stimuler le niveau
d'IC chez les sujets.  L'IC de ces derniers avait atteint son plus
haut niveau 3 mois aprs le dbut du traitement  l'AZT avant de
chuter par la suite.  De mme, les niveaux d'IC dirige contre les
protines de bacilles TB ont atteint leur maximum vers le troisime
mois, aprs quoi ils sont redescendus.  Il semble qu'une fois que
l'IC s'tait renforce chez les rpondants, leur systme immunitaire
pouvait dceler une infection  MAC et commencer  produire une
raction immunitaire.  De ce fait, certains sujets ont alors
prsent des symptmes tels que fivre [sueurs nocturnes, perte de
poids involontaire, enflure persistante des ganglions
lymphatiques].  Selon les mdecins, les sujets qui contractent une
infection  MAC peu importante n'accuseront des symptmes que dans
les cas o:

- l'IC contre le MAC est rtablie;

- l'infection  MAC devient foudroyante.

Les chercheurs attribuent l'amlioration temporaire de l'IC aux
effets toxiques de l'AZT.  Au terme d'une tude des effets de l'AZT
sur l'IC ralise en France, une autre quipe de chercheurs est
arrive  une conclusion identique.

RFRENCES:

1.  Mallal SA, James IR, French MAH.  Detection of subclinical
Mycobacterium avium intracellularae complex infection in
immunodeficient HIV-infected patients treated with Zidovudine.  Aids
1994;8(9): 1263-1269.

2.  French MAH, Mallal SA, Deacons R.  Zidovudine-induced
restoration of cell-mediated immunity to mycobacteria in
immunodeficient HIV-infected patients.  Aids 1992;6(11):1293-1297.

3.  French MAH, Cameroon P, Grimsley G, et al.  Correction of Human
Immunodeficiency Virus-associated depression of
delayed-typehypersensitivity (DTH) after Zidovudine therapy: DTH,
CD4+ T cell numbers, and epidermal Langerhans cell density are
independent variables.  Clinical Immunology and Immunopathology
1990;55 :86-96.

4.  Dadaglio G, Langlade-de Moyen P, et al.  Enhancement of
HIV-specific cytotoxic T lymphocyte response by Zidovudine (AZT)
treatment.  Clinical and Experimental Immunology 1992;87:7-14.

II AGENTS ANTI-INFECTIEUX

A.  Fortes doses d'acyclovir - pas contre le CMV

- SITUATION

Certains mdecins prescrivent de fortes doses d'acyclovir (Zovirax@,
jusqu' 4,8 grammes/jour), car selon eux, ce genre de traitement
peut offrir  leurs patients une protection contre la rtinite 
CMV, une infection pouvant entraner la ccit.  Aux tats-Unis, des
chercheurs ont mis  l'essai diverses associations d'AZT et
d'acyclovir chez des PAVIH, et ils ont rcemment rendu publics leurs
rsultats.

- DTAILS DE L'TUDE

Au dbut de l'tude, les sujets recruts prsentaient des symptmes
d'infection  VIH et leur numration CD4+ se chiffrait  moins de
200 cellules.  Les chercheurs n'ont pas fourni de renseignements
dtaills sur le profil des sujets.  Cinquante et un sujets ont reu
au hasard 600 mg/jour d'AZT et 800 mg d'acyclovir 6 fois/jour,
tandis que les 41 autres participants ont reu 600 mg/jour d'AZT et
un placebo.  Dans tous les cas, mdicaments et placebo ont t pris
par voie orale.  Des techniciens ont effectu des analyses d'urine
pour mesurer les taux de CMV.  Les chercheurs ont suivi les sujets
pendant  peu prs une anne.

- RSULTATS

Les sujets qui avaient reu de fortes doses d'acyclovir n'ont pas
sembl avoir connu une baisse statistiquement significative de
production de CMV en comparaison avec ceux qui n'avaient pas pris
d'acyclovir.  Le CMV prlev des sujets sous acyclovir n'est pas
devenu rsistant au mdicament apparent, le ganciclovir (Cytovene@,
DHPG).  Les chercheurs n'ont pas encore fourni de dtails sur
l'apparition de rtinite  CMV qui aurait pu se manifester chez les
sujets qui ont fait l'objet d'un plus long suivi.

RFRENCE:

1.  Drew WL, Anderson R, Lang W, et al.  Failure of high-dose oral
acyclovir to suppress CMV viruria or induce ganciclovir-resistant
CMV in HIV antibody positive patients.  Journal of Acquired
Immunodeficiency Syndromes and Human Retrovirology 1995;8(3):289-291
.

III NUTRITION

A.  Leons tires de singes atteints du sida

- SITUATION ET DTAILS DE L'TUDE

Certains singes infects par le virus d'immunodficience simien
(SIV) finissent par prsenter des symptmes qui ressemblent aux
symptmes dont souffrent des humains porteurs du VIH.  Des
chercheurs aux .-U.  mnent des expriences sur des singes dans le
but de comprendre la nature des problmes intestinaux qui
affligeraient certains sropositifs.  Avant d'administrer le VIS,
les chercheurs veillent  ce que les animaux choisis soient en sant
et qu'ils ne prsentent aucune infection.  Dans cette tude, les
techniciens ont administr le VIS  9 femelles d'un groupe de 12
singes, trois n'ayant pas t infects aux fins de comparaison.

- RSULTATS

Moins d'un mois aprs leur avoir administr le virus, les chercheurs
ont sacrifi 3 singes.  Quatre (4) autres animaux furent sacrifis
aprs l'apparition du sida.  Les singes ont prsent les symptmes
suivants:

- diarrhe grave

- perte de poids

- enflure persistante de la rate ainsi que des ganglions et tissus
lymphatiques

- dommages au foie

- faibles taux de globules rouges

- diverses infections

- ANALYSE DES LMENTS NUTRITIFS

Les techniciens ont analys les chantillons de sang prlevs chez
les singes, avant et aprs leur infection au VIS, afin d'en mesurer
la teneur sanguine en lments nutritifs tels que vitamines,
minraux, protines et lipides. Comparativement aux valeurs releves
avant l'infection au VIS, la plupart des singes accusaient des taux
plus bas que la normale en:

- zinc

- vitamine A

- vitamine B,2 - vitamine E

- protines

Les singes n'ont prsent ces carences en lments nutritifs
qu'aprs l'apparition de leur sida, la seule exception ayant t la
carence en zinc qui, elle, est devenue vidente bien avant
l'apparition du sida.  La diminution des taux d'lments nutritifs
observe chez ces animaux tait significative du point de vue
statistique.

- LIPIDES

Les singes infects par le VIS ont accus des taux sanguins levs
en triglycrides (matires grasses).  Cette lvation des
triglycrides tait significative du point de vue statistique.  Le
fait qu'on ait observ une augmentation des triglycrides n'tait
pas surprenant, puisque l'on constate le mme phnomne chez les
humains.  Ces hauts taux de triglycrides pourraient cependant
signifier que les singes produisaient des taux levs
d'interfron-alpha.

- DOMMAGES

Les chercheurs ont constat chez les singes infects par le SIV la
prsence de dommages aux intestins attribuables sans doute au VIS ou
 d'autres microbes. A cause de ces dommages, il est probable que
les intestins de ces animaux ne pouvaient absorber des quantits
normales d'lments nutritifs; il n'est donc pas tonnant que ces
singes aient fini par prsenter des carences enlments nutritifs.
Ces donnes qui proviennent d'animaux sropositifs bien nourris
dmontrent clairement que des carences en lments nutritifs se
produisent. Il est donc probable que l'infection  VIH puisse
prdisposer les PAVIH  des problmes semblables.

RFRENCE:

1.  Stone JD, Heise CC, Miller CJ, et al.  Development of
malabsorption and nutritional complications in Simian
Immunodeficiency Virus-infected rhesus macaques.  AIDS
1994;8(9):1245-1256.

B.  Importance de la vitamine E

- RADICAUX LIBRES

Les radicaux libres sont des molcules trs actives que produisent
des ractions chimiques.  Les cellules du systme immunitaire ont la
facult de dclencher des salves de radicaux libres pour dfendre
l'organisme contre l'attaque de microbes envahisseurs.  Cependant,
une production incontrle et continue de radicaux libres risque
d'endommager les cellules et leur contenu. Pour se protger des
effets nocifs des radicaux libres, l'organisme fait appel  des
substances antioxydantes comme le bta-carotne et les vitamines C
et E qu'il absorbe  partir des aliments.  Puisant dans ses rserves
de minraux tels le cuivre, le manganse, le slnium et le zinc,
l'organisme peut fabriquer ses propres enzymes antioxydantes.

- RADICAUX LIBRES ET VIH Les chercheurs ont dcouvert que le systme
immunitaire antioxydant s'affaiblit avec le temps chez les
PAVIH/PAS.  On ne comprend pas encore pourquoi ce phnomne se
produit, mais on pense que l'infection  VIH ajouterait aux besoins
de l'organisme en antioxydants.  Or les dommages aux intestins
(causs par le VIH ou d'autres microbes) ont pour effet de rduire
la quantit d'lments nutritifs assimilables, rduisant ainsi la
capacit du corps  produire des antioxydants.  Les infections
frquentes conjugues  une perte d'apptit ou de mauvaises
habitudes alimentaires pourraient galement y jouer un rle.  Les
mdicaments destins  combattre les infections relies au sida
pourraient eux aussi avoir des effets toxiques, ce qui ajoute aux
besoins en antioxydants du corps qui lutte pour rduire la toxicit
de ces mdicaments.  Il semble donc que les PAVIH/PAS auraient des
besoins supplmentaires en antioxydants et en substances permettant
la fabrication d'enzymes antioxydantes (les oligo-lments et deux
acides amins renfermant du souffre appels mthionine et cystine).
La prise de supplments de vitamine E pourrait donc s'avrer utile.

- LA VITAMINE E-PLUS QU'UN SIMPLE ANTIOXYDANT Selon les rsultats
d'expriences, la vitamine E est un lment nutritif important qui
contribue au maintien de la sant tant chez les humains que chez les
animaux.  Cette vitamine aurait dmontr des proprits
anticancreuses dans certaines expriences.  Les chercheurs tentent
de comprendre le rapport qui existerait entre la vitamine E et le
cancer.  Cette vitamine est importante aussi pour les cellules
nerveuses et d'autres parties de l'organisme.

- SOURCES DE VITAMINE E

La vitamine E se retrouve, entre autres, dans les graines de
carthame et de tournesol.  Elle abonde galement dans les germes de
bl et les grains entiers.  Gnralement parlant, les aliments de
source animale ne constituent pas une bonne source de vitamine E.
Cette vitamine se dissout dans les graisses.  Les personnes
atteintes d'inflammation des intestins ou ayant des problmes
d'absorption des graisses pourraient donc avoir un apport
insuffisant en vitamine E.  L'apport quotidien recommand est de 10
mg/jour pour les hommes adultes, tandis qu'il est de 8 mg/jour pour
les femmes non enceintes et de 10 mg en priode de grossesse.

- LA VITAMINE E ET LE SYSTEME IMMUNITAIRE

Les rsultats d'expriences en laboratoire sur des cellules
dmontrent que la vitamine E est essentielle au fonctionnement
normal du systme immunitaire. Lors d'essais chez des nourrissons
prmaturs carencs en vitamine E, les chercheurs ont constat
qu'une dose de 400 units internationales de cette vitamine avait
pour effet de stimuler le fonctionnement du systme immunitaire.  Ce
phnomne a t observ chez les nourrissons carencs en glutathion
(GSH), une molcule importante dont se sert l'organisme dans la
fabrication d'enzymes antioxydantes.  Fait intressant, on observe
des cas de carence en GSH chez les PAVIH et les cellules traites 
la vitamine E produisent moins de PGE2, une substance chimique ayant
des effets immunosuppresseurs .

- IMMUNIT CELLULAIRE (IC)

Chez les PAVIH, le systme immunitaire perd graduellement son
aptitude enrayer certaines infections.  Les microbes pouvant
envahir les cellules et s'y dissimuler  l'intrieur sont
responsables d'une grande proportion des infections qui peuvent tre
mortelles dans le cas du sida.  Ces infections se produisent en
raison de la faiblesse de la rponse immunitaire (IC) requise. Or il
semble que la vitamine E stimule l'IC (chez les sujets non infects
par le VIH).  En effet, des chercheurs ont constat que la prise de
800 UI/jour de vitamine E pendant 1 mois a permis de rehausser les
ractions d'hypersensibilit retarde (HR) qui reprsentent la
pierre angulaire de l'IC. L'affaiblissement de l'IC se produit chez
beaucoup de personnes ges en sant et, dans pareils cas, il est
possible de rtablir cette composante du systme immunitaire par
l'administration de fortes doses de vitamine E.

- PROTECTION DES LIPIDES AVEC LA VITAMINE E

Les gens dont l'alimentation est riche en acides gras polyinsaturs
(AGP) prsents notamment dans les huiles de mais et de soya,
pourraient profiter d'un apport plus lev en vitamine E.

Les radicaux libres peuvent endommager les AGP.  Une fois endommags
ou oxyds, ces lipides ont des effets immunosuppresseurs.  Selon le
scientifique Chester Myers, les PAVIH/PAS devraient rduire  un
minimum leur apport en huiles de mas, de soya, de carthame et de
tournesol.  Certaines personnes prennent aussi des supplments
d'huiles de bourrache, de poisson (exemptes de vitamines A et B),
d'onagre et de lin.  Or ces huiles peuvent subir une dgradation ou
une oxydation dans le corps, et ainsi, entraner des effets
immunosuppresseurs.  Un apport plus lev en vitamine E et en
bta-carotne pourrait leur offrir une plus grande protection.

- POSOLOGIE

En rgle gnrale, les porteurs du VIH finissent par prsenter des
niveaux dcroissants d'lments nutritifs s'ils ne prennent pas de
supplments.  Pour les mdecins qui se demandent quelle serait la
posologie optimale  envisager, Chester Myers formule la
recommandation suivante:

De faon gnrale chez [les personnes asymptomatiques en sant
n'ayant aucun problme intestinal rduisant l'absorption], la prise
de 800 UI/ jour de vitamine E sous forme de supplment
correspondrait  un apport lev mais scuritaire favorisant une
rponse [optimale] de la part de l'immunit cellulaire[...]; en
prsence d'[une infection] au VIH, ce niveau semblerait raisonnable
dans le cas d'un supplment, compte tenu du fait que cette limite
suprieure pourrait tre augmente sensiblement, peut-tre mme
jusqu' 1600 UI/jour.  Cette recommandation ne s'adresse pas
toutefois aux personnes qui prouvent des problmes de coagulation
sanguine ou qui reoivent un traitement anticoagulant.  La section
suivante porte sur la toxicit et prsente de plus amples
renseignements concernant les patients de cette catgorie.

RFRENCES:

1.  Meydani M.  Vitamin E.  Lancet 1995;345:170-175.

2.  Beach RS, Mantero-Atienza E, Shor-Posner G, et al.  Specific
nutrient abnormalities in asymptomatic HIV-1 infection.  AIDS
1992;6:701-708. 3.  Myers CD.  Use of vitamin E by people living
with HIV.  Mmoire.  29 mars 1995.

4.  Council on scientific affairs.  Vitamin preparations as dietary
supplements and therapeutic agents.  Journal of the American Medical
Association 1987;257:1929-1936.

5.  Bendich A.  Antioxidant vitamins and their function in immune
responses, pages 35-55 in: Antioxidant nutrients and immune
function, ed.  Bendich A, Phillips M, Tengerdy RP.  Plenum Press,
New York, 1990.

6.  Bukrinsky MJ, Nottet HSLM, Schmidtmayerova H, et al.  Regulation
of nitric oxide synthesase activity in Human Immunodeficiency Virus
Type I (HIV-I)-infected monocytes: implications for HIV-associated
neurological diseases.  Journal of Experimental Medicine
1995;181:735-745.

IV TOXICIT

A.  Scurit d 'emploi de la vitamine E - SITUATION

Des chercheurs en Angleterre et aux .-U.  ont rcemment pass en
revue les rsultats d'tudes cliniques portant sur la vitamine E
(chez des humains non porteurs du VIH et des animaux).  Voici leurs
conclusions.

- TUDES CHEZ DES ANIMAUX

La vitamine E protge cellules et lipides contre les dommages causs
par des molcules trs actives appeles radicaux libres.  Bien que
la dose quotidienne minimum recommande de vitamine E soit de 30 mg,
certains mdecins et certains chercheurs prconisent des doses
nettement plus leves.  Lors d'exprimentations sur des rats, la
vitamine E n'a sembl causer aucun cancer, ni mutation ou dommage
aux foetus.  Cependant, de trs fortes doses de vitamine E peuvent
prolonger le temps de coagulation du sang.  Le corps a besoin de
vitamine K pour favoriser la coagulation sanguine.  Chez des animaux
carencs en vitamine K ayant reu de fortes doses de vitamine E, on
a pu observer une altration de l'aptitude du sang  coaguler.

- TUDES CHEZ DES HUMAINS

Bien qu'un certain nombre d'tudes ralises auprs de sujets
humains donnent  penser que de fortes doses de vitamine E peuvent
entraner des effets secondaires, le prsent compte rendu traite des
essais cliniques ayant comport, d'une part, un groupe de sujets
traits  la vitamine E et, d'une part, un autre groupe semblable de
sujets n'ayant pas reu de traitement  la vitamine E.  Dans
certaines de ces tudes, les mdecins aussi bien que les
participants ignoraient quels taient les sujets qui recevaient le
traitement  la vitamine E.  Beaucoup d'effets secondaires
supposment causs par la vitamine E pourraient donc, dans la
plupart des cas, ne pas tre dcels dans des tudes contrles.

- TUDES CONTROLES

Dans 6 tudes  double insu contrles contre placebo, on a observ
peu d'effets secondaires spcifiques  la vitamine E, suivant
l'administration de doses quotidiennes de 600 et de 3200 mg sur une
priode de 3 semaines  6 mois. Dans une tude d'une dure de 4
semaines, des sujets adultes en sant ont reu par voie orale soit
600 UI/jour de vitamine E, soit un placebo.  Les effets NON dcels
comprenaient entre autres les suivants:

- amlioration de la performance physique;

- amlioration de l'impression gnrale de bien-tre;

- faiblesse musculaire;

- indigestion;

- prolongation du temps de coagulation sanguine;

- diminution de certains globules blancs (leucocytes).

Les effets secondaires que l'on a observs taient les suivants:

- lgre lvation des taux sanguins de cholestrol;

-diminution des taux sanguins d'hormones thyrodiennes (T3 et T4)
chez les hommes ainsi que chez les femmes qui ne prenaient pas un
contraceptif oral.

Des chercheurs qui prenaient part  une autre tude de 30 sujets
adultes en sant [qui] ont reu 800UI/jour [de vitamine E] ou un
placebo sur une priode de 16 semaines n'ont observ aucun effet
secondaire diffrent entre le groupe vitamine E et le groupe
placebo.

- TUDES CONTROLES - DOSE ET ABSORPTION

Dans un essai, 14 tudiants universitaires, tous de sexe masculin
et en bonne sant, ont pris 900UI/jour de vitamine E et S autres, un
placebo pendant 3 mois.  Ici encore, la vitamine E n'a pas entran
d'effets secondaires.  Les donnes de cette tude sont
particulirement intressantes tant donn que les chercheurs ont
mesur les concentrations de vitamine E prsentes dans les globules
sanguins.  Ils ont constat une accumulation de vitamine E dans le
sang, les globules sanguins et les cellules tissulaires.  La plus
forte accumulation de vitamine E a eu lieu aprs 4 semaines.
Malgr le fait que les sujets aient continu de prendre de la
vitamine E, les chercheurs n'ont observ aucune autre lvation des
concentrations.  Les techniciens n'ont par ailleurs dcel aucun
changement dans les taux sanguins d'hormones thyrodiennes,
d'enzymes hpatiques, de cholestrol, ni dans le temps de
coagulation du sang.  Dans une autre tude, les chercheurs n'ont
observ aucun effet secondaire notable chez les adultes qui en
avaient reu 1600UI/jour.

- TUDES CONTROLES AUPRES DE SUJETS MALADES

Dans une tude contrle, des sujets atteints de diabte ou de
maladie coronarienne ont reu 2000UI/jour de vitamine E pendant 2
semaines et par la suite pendant 6 autres semaines.  Les chercheurs
ont remarqu que les pisodes de faiblesse, de fatigue et de
saignements ne survenaient pas plus frquemment chez ces sujets.

- TUDES D'ENVERGURE ET FORTES DOSES

Aprs revue des dossiers mdicaux de plus de 9000 [sujets] qui
avaient pris des doses de vitamine E allant jusqu' 3000UI/jour sur
une priode de 11 ans, les chercheurs n'ont dcel aucun effet
secondaire notable.

- SAIGNEMENT ET VITAMINE K

Chez des sujets en bonne sant, la prise de fortes doses de vitamine
E peut acclrer le temps de coagulation du sang.  Les carences en
vitamine K s'observent chez les patients qui prouvent des problmes
d'absorption intestinale en lments nutritifs.  La vitamine K est
produite par les bactries amicales qui colonisent l'intestin.
Dans une tude de 6 sujets recevant 100 ou 400 UI/jour de vitamine
E conjointement avec un mdicament destin  prolonger le temps de
coagulation sanguine, la vitamine E n'a pas sembl prolonger le
temps de saignement.  Dans une autre tude auprs de sujets plus
gs et plus malades recevant 2 mdicaments anticoagulants, la prise
de 1200 UI/jour de vitamine E a provoqu des problmes de
coagulation, problmes qui sont disparus  l'arrt du traitement 
la vitamine E.  Chez 19 sujets atteints de fibrose kystique (maladie
o il y a inflammation et malabsorption intestinales), la prise de
100  200 UI/jour de vitamine E s'est solde par l'apparition de
problmes de coagulation.  Somme toute, les chercheurs ont conclu
que la vitamine E elle-mme n'entrave pas la coagulation sanguine.
Chez les personnes carences en vitamine K, prsentant ou non une
malabsorption intestinale et prenant ou non un anticoagulant, de
fortes doses de vitamine E peuvent prolonger le temps de
coagulation.  Il va sans dire que les hmophiles et les personnes
aux prises avec un trouble de coagulation sanguine devraient
consulter un mdecin avant de prendre un supplment de vitamine E et
faire l'objet d'une surveillance mdicale durant un tel traitement.

- SAIGNEMENT: OBSERVATIONS D'UN SUJET

Nous savons pertinemment dans le cas d'un patient sropositif (non
hmophile) que chaque fois qu'il prend plus que 1000 UI/jour de
vitamine E, les petites coupures qui peuvent se produire lors du
rasage prennent jusqu' 10 minutes pour arrter de saigner.  Les
lecteurs devraient savoir aussi que la prise rgulire d'Aspirins
(AAS) ou de supplment d'huile de poisson prolonge le temps de
coagulation du sang.

D'aprs les recherches, la prise quotidienne de 100  300 UI de
vitamine E serait scuritaire chez les adultes.  Par ailleurs, il
est possible que des mdecins recommandent la prise de doses plus
leves de vitamine E dans des cas d'infections, de dommages au foie
(dus  l'alcool) ainsi que chez les personnes qui sont frquemment
exposes aux rayons X.  Pour de plus amples renseignements
posologiques, consulter la section sur la nutrition et la vitamine
E.

REMERCIEMENTS:

Nous tenons  remercier Chester Myers pour ses prcieux
commentaires, ses revues trs utiles d'tudes cliniques, ainsi que
pour son soutien.

RFRENCES:

1.  Kappus H, Diplock AT.  Tolerance and safety of vitamin E: a
toxicological position report.  Free Radical Biology and Medicine
1992;13:55-74.

2.  Umegaki K, Ichikawa T.  Decrease in vitamin E levels in the bone
marrow of mice receiving whole-body X-ray irradiation.  Free Radical
Biology and Medicine 1994;17(5):439.

3.  Meydani SN, Meydani M, Rall LC et al.  Assessment of the safety
of high-dose, short-term supplementation with vitamin E in healthy
older adults. American Journal of Clinical Nutrition
1994;60:704-809.

V CANCER

A.  Interfron-alpha et anticorps contre les lymphomes?

- SITUATION

Peut-tre  cause d'une surstimulation apparente des cellules B
formant les anticorps, les PAVIH/PAS sont davantage susceptibles aux
cancers causs par les cellules B qu'aux cancers causs par les
cellules T.  Les mdicaments anticancreux peuvent entraner des
dommages  la moelle osseuse, affaiblir le patient et rduire sa
qualit de vie, sans pour autant offrir de gurison dans la plupart
des cas.  Les mdecins et leurs patients sont donc  la recherche de
traitements novateurs et moins toxiques.  Des chercheurs au Danemark
font l'essai actuellement d'un traitement inhabituel contre les
lymphomes lis aux VIH.

- DTAILS DE L'TUDE

Les chercheurs ont recrut dans leur tude 5 sujets de sexe masculin
atteints de lymphome B.  Chez deux sujets, la numration CD4+ se
chiffrait  20 cellules et chez les trois autres,  250 cellules au
moins.  Les sujets ont reu 3 millions UI/jour d'interfron-alpha
par voie intramusculaire pendant 1 semaine.  Il s'agissait
d'interfron de marque Intron-A@, un produit de Schering-Plough.
Par la suite, les sujets ont reu 3 traitements par semaine
d'interfron-alpha ainsi que des perfusions d'anticorps  raison
d'une dose de 400 mg/kilogramme de poids corporel (gamma-globuline
ou Gammaguards fabriqu par Baxter) toutes les 2 semaines pendant 6
mois.

- RSULTATS

Un sujet a vu disparatre toutes ses tumeurs; malheureusement, trois
mois plus tard, de nouvelles tumeurs sont apparues.  Chez deux
autres sujets, les tumeurs ont continu de se propager, tandis que
les deux derniers ont vu leurs tumeurs se rtrcir sans disparatre.
Les chercheurs ont not que les sujets de cette tude semblaient
avoir survcu plus longtemps que la plupart des porteurs de
lymphomes lis au VIH.  Selon eux, la survie chez les sidens
atteints de lymphomes se situe gnralement entre 4 et 7 mois.  Or
aprs avoir reu le traitement, deux sujets ont survcu 14 et 19
mois.  Les chercheurs sont d'avis qu'on se doit de mener des tudes
de plus grande envergure afin de pousser la recherche sur ce
traitement anticancreux indit et ainsi confirmer les rsultats du
traitement et en comprendre le mode d'action.

RFRENCES:

1.  Bergmann OI, Madsen M, Kristensen Js, et al.  Treatment of
AIDS-associated lymphoma with interferon-cc and intravenous gamma
globulin.  AIDS 1995;9(3):305-306.

2.  Fust G, Dierich MP and Hidvgi T.  Role of humoral factors in
the progression of HIV disease.  Immunology Today
1995;16(4):167-169.
                                                                                                        
